Religions & Histoire n° 46
Hérésies et Inquisition

N° 46 - Septembre/Octobre 2012

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ISSN : 1772-7200

Lorsque l’on parle d’hérésie dans le monde chrétien, deux périodes sont plus particulièrement concernées: les premiers siècles du christianisme, qui virent diverses pensées théologiques dissidentes s’épanouir, et le Moyen Âge central et finissant, durant lequel flambèrent maints bûchers d’hérétiques. Si les hérésies des premiers siècles, souvent méconnues du grand public mais étudiées par les spécialistes, sont relativement bien définies autour de grandes figures et de lieux de diffusion, les mouvements chrétiens médiévaux qualifiés par l’Église romaine d’hérésies sont plus difficiles à cerner. L’historiographie a longtemps erré de lectures erronées en fantasmes inavoués, donnant de ces groupes une image fausse aujourd’hui largement répandue. Dans ce dossier, les historiens reviennent aux sources des hérésies médiévales en s’appuyant sur les documents textuels et iconographiques. Pour nous, ils débrouillent l’écheveau politique, culturel et théologique qui aboutit à l’invention de l’hérésie médiévale.

Actualités

Dossier

L'hérésie en Occident (XIe-XIVe siècle)
Pour une histoire renouvelée de l'hérésie médiévale
Une résurgence de l'hérésie au XIe siècle?
Henri, schismatique et hérétique
L'invention des cathares
Le Midi hérétique : construction d'une image (vers 1140-1209)
Saint-Gilles-du-Gard : une façade antihérétique dans le Midi?

Hérésies et répression inquisitoriale en Occitanie (vers 1230 - vers 1330)

La croisade albigeoise (1209-1229) eut pour prétexte le supposé pullulement de l’hérésie en Occitanie, dont on exagéra l’ampleur pour les besoins de la cause. Les effets de l’opération, cependant, furent géopolitiques et non religieux: ce fut la ruine de l’autonomie toulousaine. Au moment où les traités de Meaux et de Paris (1228 1229) mettaient fin à la guerre en consacrant l’entrée du Languedoc dans l’orbite capétienne, la prégnance des dissidences hérétiques demeurait à peu près inchangée dans la région. La conquête française allait toutefois modifier la donne. L’affaiblissement de la féodalité méridionale favorisa d’abord l’épanouissement des seigneuries d’Église jusqu’à permettre l’instauration de théocraties locales, comme celle de l’évêque d’Albi dans son diocèse. Or, l’anticléricalisme suscité par la domination temporelle des ecclésiastiques fut un puissant facteur d’adhésion ou de soutien aux hérésies. D’où un regain de sympathie pour l’évangélisme des «bons hommes amis de Dieu» (que l’on dit aujourd’hui, à tort, «cathares») dans la petite noblesse et, surtout, chez les marchands et les artisans urbains. D’où, aussi, la persistance du mouvement des «Pauvres de Lyon» (les vaudois) et l’apparition des béguins dans les dernières décennies du XIIIe siècle. Dans le même temps, néanmoins, l’emprise royale ouvrait la voie au libre développement de la répression inquisitoriale, conçue pour une tâche à laquelle la croisade avait failli: l’éradication en profondeur des contestations en matière de foi chrétienne.

Auteur : THÉRY (J.)

Magazine : Religions & Histoire n° 46 Page : 48-55

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