N° 6 - Janvier/Février 2006 - 9,00 €
ISSN : 1772-7200

Un paradoxe fondamental caractérise la foi chrétienne : les chrétiens n'ont pas la même religion que celui dont ils se réclament. Si Jésus était juif, comme d'ailleurs ses premiers disciples, Pierre, Paul et Jacques, pour ne citer que les principaux, comment expliquer que ceux qui le reconnaissent comme le Messie ne le sont plus ?
Les conflits qui opposent de plus en plus, à partir de la fin du Ier siècle, le judaïsme et le christianisme constituent, en quelque sorte, une affaire de famille. C'est une des raisons qui permet de préférer le terme de "séparation" à celui de "rupture", car le premier met souvent en opposition d'anciens partenaires devenus rivaux.
Il convient en effet de préciser que le mouvement chrétien s'est développé au sein même du judaïsme, et ce jusqu'à une époque qui varie selon l'appréciation des critiques : certains considèrent qu'il en est sorti entre 70 et 100 ; d'autres, entre 135 et 150 ; d'autres encore, entre la fin du IIe siècle et le début du IVe siècle.
Quoiqu'il en soit, le conflit s'est apparemment soldé par l'exclusion des chrétiens du judaïsme et par la création d'une religion nouvelle : le christianisme. Ce dernier s'est alors déclaré comme le "Vrai Israël", revendiquant non pas une partie de l'héritage mais la totalité – comme cela est souvent le cas lors d'une séparation conflictuelle. S.C. M.
Auteur : C. Mimouni Simon - Bobichon Philippe - Burnet Régis - Cambe Michel - Cerbelaud Dominique - Devillers Luc - Dujardin Jean - Marguerat Daniel - Norelli Enrico
Magazine : Religions & Histoire n° 6 Page : 8-73
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