Le surinvestissement du champ politique par le clergé chiite depuis quarante ans en Iran, en Irak et au Liban tout particulièrement, éclipse souvent certains courants de pensée importants de la pensée chiite duodécimaine. Ainsi les confréries soufies et l'école théologico-mystique shaykhie restent-elles relativement méconnues. Ces courants ont en commun la large place accordée à la mystique et à l'enseignement ésotérique des imams historiques en dépit de différences d'interprétations profondes. C'est certainement au cours de la seconde moitié du XIXe siècle que ces écoles de pensées furent les plus influentes, à une période où le clergé rationaliste (usuli) poursuivit son évolution. La hiérarchisation de ce dernier continua de se former autour de la maîtrise de l'ijtihad (l'effort d'interprétation personnel du docteur de la Loi) et le droit (fiqh) devint la clef de voûte de l'enseignement religieux.
Auteur : HERMANN Denis
Magazine : Religions & Histoire n° 40 Page : 34-39
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