N° 33 - Juillet/Août 2010 - 9,00 €
ISSN : 1772-7200
Notre époque n'a guère de goût pour les controverses théologiques, qu'elle regarde souvent comme des discussions trop oiseuses sur des sujets trop abstraits. Un lecteur moderne peine à comprendre qu'un évêque déjà fort occupé par les tâches quotidiennes de son ministère ait pu consacrer ses jours et ses nuits à définir la nature et les propriétés de la grâce divine. Pourtant, pendant plus de trente années, au fil de milliers de pages, celui que la postérité a honoré du titre de « docteur de la grâce » n'a eu d'autre ambition que de « défendre la grâce de Dieu » contre des adversaires aux multiples visages. Avant même que n'apparaissent sur la scène africaine, aux alentours de 410, le moine Pélage et ses partisans qui affirmaient que l'homme pouvait, sans aide particulière de Dieu, parvenir à la perfection morale, Augustin avait commencé à élaborer ce que l'histoire des idées a retenu sous le nom de « doctrine augustinienne de la grâce » ou d'« augustinisme théologique ».
Auteur : Pierre Descotes
Magazine : Religions & Histoire n° 33 Page : 46-49
Date : 30/06/2010
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