N° 18 - janvier/février 2008 - 9,00 €
ISSN : 1772-7200
Selon la tradition musulmane classique, vingt-cinq ans après la mort de Mahomet, sur l'ordre du calife ?Uthmân, un important travail de recension a été accompli pour rassembler les paroles divines révélées à Mahomet. Cette initiative, qui donna jour au Coran, traduit la volonté d'assurer la survie et l'intégrité de la Révélation, qui jusqu'alors était essentiellement transmise oralement. Trois siècles plus tard, au Xe siècle, le texte saint de l'islam avait achevé de prendre la forme qu'on lui connaît aujourd'hui et sert depuis de référence incontestée pour les musulmans.
Religions & Histoire propose de revenir sur ces trois siècles, de la transmission orale à la mise par écrit et l'amélioration progressive du texte, laquelle visait à limiter le plus possible les divergences de récitation. Car c'est bien le caractère central et unique du Coran qui est au cœur des préoccupations. Ses enseignements, sa langue, son style, son ornementation, son graphisme ainsi que l'exégèse appuient cette idée, s'ils n'y sont soumis. Le système juridique lui-même aurait pu se conformer à l'enseignement de la nouvelle religion : la seule loi légitime étant divine, la prééminence revient théoriquement au recueil de la révélation. Ce que les faits nuancent.
Le texte officiel a mis toutefois beaucoup de temps à être accepté par tous. Divers courants religieux, dont le chiisme ancien, remettaient en cause son authenticité et donc sa légitimité – ce qui revenait à partir du Xe siècle à contester l'islam. Sans adopter de position aussi radicale, le Coran se prête à plusieurs niveaux de lectures. Alors que certains voudront y voir un texte éternel, vrai dans toutes ses composantes en tout temps et en tout lieu, d'autres se soucieront davantage des circonstances de sa diffusion. Les implications sociales et religieuses en sont radicalement différentes.
Magazine : Religions & Histoire n° 18 Page : 12-65
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