N° 16 - septembre-octobre 2007 - 9,00 €
ISSN : 1772-7200
Les écritures les évoquent, les artistes les reproduisent. Au Moyen Âge, comme aux premiers temps chrétiens, les animaux familiers, exotiques ou fantastiques essaiment dans les livres de prières, sur les pierres des églises, dans le mobilier liturgique ou les décors religieux. À eux seuls, ils suffiraient à rendre grâce à la puissance et à la gloire de Dieu, s'ils n'étaient aussi là pour enseigner aux hommes quelque chose du sens de l'univers. Dans les premiers Écrits de la Bible, les rédacteurs usaient du sens symbolique et universel des animaux, sans les séparer du mythe qu'ils incarnaient. Ensuite, et cela devient net avec le retour de l'exil de Babylone en 538, puis au temps de la Sagesse et des apocalypses (IIIe siècle av.-IIe siècle de notre ère), les créatures évoquées deviennent des allégories, des images codées expliquant le présent, l'avenir et la fin des Temps.
Dans presque tous les livres de la Bible, la colombe, le lion, le serpent, le taureau, l'aigle (ou le vautour), le poisson, les abeilles, etc. revêtent plusieurs significations qui sautaient aux yeux des Anciens, juifs ou non, et qui parlaient encore aux chrétiens du Moyen Âge d'Occident. Cela se ressent dans tous nos arts, sur toutes nos églises jusqu'à la Renaissance. Cependant, avec l'avènement de la mentalité scientifique, ces symboles et allégories cessent d'être appréhendés pour ce qu'ils sont, et on se met à interpréter les mythes comme de l'Histoire, et les animaux comme des bêtes ou des monstres réels. Les animaux de la Genèse ou des psaumes, comme ceux des prophètes (Ezéchiel et Daniel en particulier) et des apocalypses, apparaissent alors comme des chimères dont on pourrait croire — à tort— qu'ils ont existé ou qu'ils vont exister à la fin des temps.
Auteur : François-Xavier NÈVE DE MÉVERGNIES
Magazine : Religions & Histoire n° 16 Page : 16-71
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