N° 15 - juillet/août 2007 - 9,00 €
ISSN : 1772-7200
La littérature apocryphe fascine et inquiète, et ce n'est pas d'aujourd'hui. Parce que ces textes ne figurent pas dans nos bibles, parce qu'ils se prétendent cachés et secrets, ils font miroiter la possibilité d'accéder à des croyances autres que la doctrine officielle – celle diffusée puis imposée par la Grande Église, représentante de la religion officielle de l'Empire romain dès le IVe siècle.
Que nous apprennent ces textes sur la figure fondatrice du christianisme, Jésus ? En quoi diffèrent-ils des récits canoniques ? Le propos de ce numéro de Religions et Histoire est de montrer, à travers un échantillon de textes apocryphes, comment l'image de Jésus se construit, sur le plan littéraire et théologique, en tant que figure de référence. Concrètement, il s'agit de mettre en relief, pour chaque écrit, les traits caractéristiques de la figure de Jésus. Quel rôle joue-t-elle dans le processus de légitimation de chaque texte ? Quels traits ont été sélectionnés ou accentués dans ce but ?
Le regard que nous invitons à porter sur ces textes apocryphes - surtout des évangiles - ne vise pas à décrire exhaustivement l'hétérogénéité du continent apocryphe, ni à constituer un anti-Nouveau Testament. Il s'agit plutôt de montrer que la réflexion sur la figure de Jésus procède fondamentalement du même élan interprétatif que les écrits canonisés. Se nourrissant des convictions théologiques de leur milieu, ces écrits visent à définir une identité chrétienne face au judaïsme et face aux cultes gréco-romains. Enrobés dans les mêmes formes littéraires que le Nouveau Testament, les apocryphes distillent des saveurs théologiques inhabituelles.
Auteur : Marguerat Daniel - Frédéric AMSLER
Magazine : Religions & Histoire n° 15 Page : 22-71
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