N° 11 - novembre/décembre 2006 - 9,00 €
ISSN : 1772-7200
On le croyait perdu depuis des siècles, et voilà qu'il resurgit au terme d'une épopée rocambolesque qui l'a placé sous les feux de la rampe. L'Évangile de Judas, publié au printemps dernier, a enfin livré ses secrets. Ce texte, écrit dans un dialecte copte – le sahidique – est sans doute une copie du IIIe ou du IVe siècle d'un texte plus ancien, probablement rédigé en Égypte par un groupe gnostique – des chrétiens considérant que le salut n'est accessible qu'aux personnes ayant reçu un enseignement secret d'initié à initié. L'évangile apocryphe – c'est-à-dire non retenu dans le canon biblique, son authenticité demeurant contestée – était connu par des sources antiques, puisque l'évêque de Lyon Irénée s'était élevé contre son caractère hérétique, au IIe siècle.
Il faut dire que le message délivré dans le manuscrit de papyrus vient remettre en question bien des idées. Loin d'être présenté comme le traître qui livra le Christ aux grands prêtres de Jérusalem, Judas est présenté comme le disciple bien-aimé de Jésus, le seul capable de recevoir l'enseignement surnaturel cher aux gnostiques. Le seul capable, aussi, d'accomplir la volonté de son maître : en trahissant Jésus à sa demande, il rendait ainsi possible le rachat de l'humanité, par le biais du sacrifice suprême. Non content de réhabiliter Judas, le texte présente en outre le Dieu de l'Ancien Testament comme un mauvais Dieu, dont il faut se détourner au profit d'un Dieu transcendant que Jésus revendique comme le sien.
Religions & Histoire fait le point sur cette découverte exceptionnelle et en dévoile le contenu, tout en expliquant comment et pourquoi a été développée l'image du traître Judas.
Auteur : Dubois Jean-Daniel - Scopello Madeleine - Norelli Enrico - Emmel Stephen - Montserrat Torrents José - Pesce Mauro
Magazine : Religions & Histoire n° 11 Page : 18-67
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